Blues d’une Nuit Suspendue...
Fin 1982, France Inter avait mis à la disposition de l’acteur et directeur chilien Oscar Castro une émission qu’il m’avait demandé d’organiser et de présenter.
À l’époque, sa troupe présentait "La Nuit Suspendue", une pièce de théâtre musical écrite par Oscar et mise en musique par Desiderio ’Chere" Arenas. Vu que comme son nom l’indique, la pièce tournait autour de la nuit, France Inter avait mis à leur disposition Les Bleus de la Nuit, une émission géniale qui, entre 3h00 et 4h30 du matin, donnait à des "bleus" (des débutants) la possibilité d’en produire une dans les conditions archi-pro de la radio publique.
Oscar, qui savait que je venais de me lancer dans la radio car je l’avais interviewé peu de temps auparavant pour Mercure 104, m’a alors proposé de l’organiser et de la présenter. Ce que j’ai accepté volontiers car c’était, entre autres, une opportunité unique d’accéder à une sorte de stage de radio express, sous la houlette talentueuse et bienveillante de Brigitte Luschaire et Véronique Dupuis. Encadré par elles je me suis donc attelé à la préparation d’une émission autour de la nuit latino-américaine. Avec, au menu, des invités, des textes "nocturnes" et, bien évidemment, pas mal de musique.
Wittig, Domínguez, Neruda, Tandin
Hormis Oscar, venu présenter sa pièce, nous avions eu deux invités qu’il avait lui même choisi : la plasticienne chilienne Irene Domínguez et son homologue et compatriote Carlos Wittig qui à la même époque était au Théâtre des Malassis avec une piéce intutulée Del Tango. Moi, j’avais préparé la programmation musicale et réussi à convaincre mon ami/frère Patrick Tandin de prêter sa voix à deux textes "nocturnes" de Pablo Neruda.
Des aléas dont je ne me souviens plus, firent que nous n’avons pas pu récupérer l’enregistrement intégral de cette nuit du 15 décembre 1982, ce qui explique qu’Oscar on l’entend à peine et Irene carrément pas du tout. En tout cas, les presque 40 minutes que tu peux écouter ici-même [1], te donneront un aperçu de l’ambiance de cette inoubliable nuit suspendue dans ma mémoire et dans mon cœur, dont tous les participants ont eu le mauvais gout de partir trop tôt.